L’interview du mois, le docteur Jaroslaw Baranski est interrogé par le docteur Kinga Sobieralska-Michalak.

On accorde aujourd’hui de plus en plus d’importance à la qualité de la communication médicale en affirmant que parler avec le patient est un facteur essentiel du parcours de soins. La relation médecin – patient est très particulière car en fond elle touche la mort. Le thème de la mort est très difficile à appréhender ; il s’agit d’un thème tabou que la plupart des personnes fuient. On pourrait penser que les personnes qui côtoient la mort tous les jours, comme par exemple le personnel médical, ne devraient pas avoir de problèmes à communiquer avec un patient mourant ou la famille d’un malade en fin de vie. Qu’en pensez-vous ?

Accompagner quelqu’un, notamment son patient, vers la mort représente une épreuve surhumaine. Nous ne sommes pas toujours capables de maîtriser nos émotions et nos pensées face à la mort d’autant plus qu’à travers ces situations nous ressentons notre propre mort. Ceci explique certainement pourquoi nous esquivons toute discussion ayant trait à l’agonie et à la mort. Une autre raison serait que nous ne contrôlons pas le sujet de la mort lui-même lorsque nous en parlons. Les gestes superficiels, les formules rigides servent à s’échapper loin de ces situations émotionnellement difficiles. Linus Geisler affirme que de façon générale les médecins ne parlent pas de la mort avec leurs patients, qu’ils ne passent toujours pas de temps auprès des mourants et qu’en fait ils laissent la responsabilité morale aux infirmières d’accompagner les malades en fin de vie.
Cependant, il est fondamental de répondre à deux questions clefs simples : pourquoi est-il important de communiquer avec les mourants ? Comment gérer ces entretiens ?

Pour en savoir plus